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ich bin eine Berlinerin |
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June 23 quelques motsQuelque part le charme est rompu et je peine à retrouver de l’inspiration et le goût d’écrire sur nos plaisirs et intérêts berlinois. Il faut dire aussi que ces derniers temps, nous avons eu quelques visites, que j’ai recommencé des cours de conversation allemande, que j’ai repris plus assidûment la poterie ce qui me laisse moins de temps à passer devant mon écran de micro. J'avais même presque oublié comment me connecter à mon blog!! Pourtant les sujets ne manquent pas. Comme ce moment paisible au bord du lac de Grunewald, lac dans lequel les chiens de ce quartier rupin où ils remplacent les enfants, par dizaines viennent se baigner. Bien que cela n’en fasse pas un lieu privilégié pour la baignade des humains, 2 irréductibles naturistes se sont baignés sous nos yeux. Dans un coin de la « plage », une femme mûre au corps un peu fatigué, assise sur un tronc d’arbre,nue lisait tranquillement son journal, quand un homme plutôt âgé accoutré d’une veste fluo est venu se déshabiller complètement et sans chichi selon un rituel semblait-il bien établi et très méticuleux pour ne pas ensabler ses vêtements, a fait un court plongeon dans l’eau. Il s’est ensuite rhabillé, trempant tour à tour chaque pied dans l’eau et clopinant pour aller se sécher et enfiler chaussettes short et chaussures sans risquer que quelques grains de sable viennent perturber son confort. Il est reparti ensuite comme il était venu. A coté, une troupe de 4 ou 5 chiens creusait un grand trou dans le sable à la recherche d’une balle chassée par leur maître ; Comme aussi les concerts au Clärchensballhaus. Mais j’essaierai d’écrire un autre billet sur le sujet. May 10 en vrac, quelques clins d'oeil du printempsDans la cour de l’atelier, branle-bas de combat dans le monde des oiseaux. Une corneille mantelée vient de dérober un petit sansonnet dans un nid. Elle vole de branche en branche son butin dans le bec. Une volée de sansonnets piaillant tente par des vols d’avions de chasse de l’intimider et de lui faire lâcher prise. Peine perdue. La corneille s’éloigne et peu à peu le calme revient dans le grand sycomore. L’après midi , c’est au tour du merle qui doit avoir son nid dans quelque buisson, de pousser son lancinant cri d’alerte des heures durant pour chercher sans doute à éloigner le chat tigré de notre cour. Pendant ce temps d’autres oiseaux plus chanceux lancent toujours leurs trilles amoureuses. Depuis que le beau temps est revenu, la végétation a explosée d’un coup et les arbres omni présents à Berlin se sont parés de toutes les teintes de vert. Dans notre rue, c’est l’occasion pour certains de prendre possession des pieds des arbres pour faire de petites plates bandes qu’ils entretiennent avec amour. Dans le même temps tous les balcons progressivement se fleurissent. Et nous participons du mouvement. Nous avons même planté un fraisier. L’autre jour, en sortant de l’immeuble, passe dans la rue une superbe 2cv rouge d’où émerge du toit ouvrant un petit arbre agitant ses quelques feuilles dans le soleil. De quoi vous mettre de bonne humeur pour la journée. Dans le parc de Britz dans le sud de Berlin, c’est l’époque des tulipes. Des rangées de tulipes aux teintes variant du blanc au violet presque noir en passant par toutes les nuances de jaune, orange et rouge forme un parterre éclatant ombragée çaet là par quelques pommiers, poiriers et cerisiers en fleurs.. Mais ce sont les prairies dans lesquelles les tulipes se marient aux pâquerettes et aux scilles qui sont les plus belles. Autour de ce parc, les colonies de jardins s’étendent presque à perte de vue exhalant leurs parfums de lilas, de berbéris, d’aubépine et bien d’autres arbres et buissons en fleurs dans une dominante de blanc et de rose. Sur un autre registre, devant le cinéma Babylone, cinéma « d’art et d’essai », une vielle voiture renversée sur laquelle est plantée un drapeau rouge. Sur son châssis, est tagé en allemand la célèbre phrase : « sous les pavés la plage », à l’affiche du cinéma : « Paris Mai 1968 ». Le premier mai n’était pas seulement la fête du travail et l’ascension c’était aussi la fête des hommes (ou des pères ?) et à la pentecôte c’est ici la fête des mères. Ce fut l’occasion de voir un curieux stand de cadeaux à l’entrée de la galerie marchande de notre quartier : Tout un assortiment de chocolats à connotation sexuelle comme des pénis ou des paires de seins. Je n’ai pas trouvé cela de très bon goût. En tout cas, curieux pour la fête de mères. Peut-être n’étais-je pas la seule. Le stand n’a pas fait très long feu. Quand j’ai voulu le montrer à Robert,il avait déjà disparu. May 05 Venise en AvrilMon nomadisme ne s’est pas arrêté si vite. Car bien que clopinante mi avril, j’ai fait une petite escapade à Venise. Le beau temps n’était pas vraiment au rendez vous. Mais quoi de plus romantique de se balader sur les pavés luisants des ruelles sous un grand parapluie rouge prêté par l’hôtel et découvrir dans les quartiers un peu excentrés de Venise églises, palais, canaux, ateliers et regarder la vie de tous les jours, femmes avec leurs poussettes pour bébés pour les plus jeunes ou à marché pour les plus âgées grimpant les ponts marche à marche, barques à moteurs multicolores transportant toutes sortes de marchandises. Cette ville malgré la multitude de touristes reste toujours magique. Mais pour qui reste à Berlin, Les bords de la Spree ou les canaux ne sont pas mal non plus. Il parait qu'il y a au moins autant de ponts à Berlin qu'à Venise. Et ma bloggeuse berlinoise préférée a publiée une photo des bords de la Spree qui évoque tout à fait une vue des quais de la Guidecca. je suis bien d'accord avec elle..
May 02 voyage au pays de la médecine allemandePlus d’un mois déjà que je n’ai pas écrit. Il faut dire que c’est pas très commode quand on a sa première sciatique et que la position la plus désagréable voire la plus douloureuse est de rester assise. Ceci étant, ce fut l’occasion d’une première expérience de la médecine allemande. D’abord j’arrive toute à ma douleur mais la bouche en cœur chez un orthopédiste chez lequel une amie avait pris rendez vous pour moi et celle-ci refuse tout de go ma carte européenne de santé (qui est censée vous assurer le tiers payant des frais médicaux) et me demande de payer « privat » la modique somme de 137 Euros après m’avoir fait faire une radio et avoir pratiqué quelques manipulations, en tout peut-être 2 fois 5 minutes de consultation avant et après la radio. Par chance, elle parlait un peu français. J’étais plutôt contente et avait trouvé cela peut-être un peu expéditif mais efficace. Un peu cher mais un spécialiste plus une radio, je ne sais pas si cela aurait coûté moins cher en France. Et je repars avec une ordonnance de 10 séances de kiné et un rendez vous 3 ou 4 jours après pour voir si la douleur avait un peu cédé suite à la manipulation et envisager peut-être une IRM. 2 jours plus tard, je vais au cabinet de kiné qu’elle m’avait indiqué et là même topo, ils ne veulent pas prendre la carte européenne et me disent qu’il faudra payer 105 euros par séance d’environ une heure combinant thérapie manuelle, gymnastique massage et application de chaleur. Là, j’avoue qu’une mouche m’avait piqué et sortie de cette première séance pour laquelle je ne m’étais faire que la moitié des soins car je n’avait pas assez de liquide pour payer immédiatement, je me renseigne plus avant sur mes droits et on me dit que normalement, sauf si le médecin précise qu’il ne prend que des clients privés (ce qui n‘était pas le cas), il doit accepter ma carte, que je dois choisir une caisse de sécurité sociale allemande publique ( on me dit laquelle est avantageuse parce qu’il y en a de nombreuses et elles n’offrent toutes les mêmes services). Le médecin n’a alors que 2 formulaires à remplir et doit me faire payer 10 euros pour le quadrimestre ; cette somme est une franchise à acquitter pour cette période et consultations ultérieures et soins prescrits sont alors gratuits pour le patient pendant ces 4 mois. Les professionnels de santé sont payés directement par la caisse : le tiers payant quoi ! Quand je suis retournée voir le médecin, elle a fait celle qui ne savait pas, elle m’a envoyée à la caisse qui m’a renvoyé chez elle. Tout cela en traînant ma patte ; Ceci étant, excellente thérapie qui m’a montré que je n’avais pas plus mal en marchant qu’en restant couchée. Elle a finalement obtempéré de fort mauvaise humeur et m’a dit que je n’aurai pas eu un premier rendez vous si vite si j’avais été une cliente « publique ». Et je suis ressortie avec une prescription d’IRM et une nouvelle prescription de kiné mais cette fois ci seulement 6 séances de gymnastique rééducative (de 10 minutes, m’a-t-elle précisé) ; en « public » elle ne pouvait pas me donner plus. J’ai obtenu un rendez vous pour l’IRM dans la semaine ce qui est tout de même court. Du coup, je suis allée chez le kiné en bas de chez moi (à l’est) où 2 kiné peut-être pas complètement up to date mais très chaleureuses me font les séances prescrites une bonne demi heure de gym, avec les premières fois quand la douleur était encore trop tenace une application de chaleur pendant une demi heure. Vous direz peut-être que je suis mal tombée. Eh bien non. Toutes les personnes à qui j’en ai parlé depuis, m’ont confirmé que la médecine allemande était devenue bien plus qu’en France une médecine à 2 vitesses : des soins rapides et de qualité pour ceux qui peuvent payer et des délais et des soins moins importants pour ceux qui sont dans le système public. (consultations plus courtes par exemple, moins de kiné etc…). On m’a même raconté que certains médecins fermaient leur cabinet en fin de mois quelques jours car ayant atteint leur quota de consultations, ils n’étaient plus payés. Ceci explique peut-être pourquoi le cabinet d’ORL en bas de notre immeuble affiche régulièrement que le médecin est en vacances alors que quand il est là c’est toujours bondé. J’avoue n’avoir pas encore tout compris mais cette première expérience n’est pas très positive. Et il existe en ce moment un grand débat en Allemagne sur le système de santé car les mesures d’économies proposées vont dans le sens d’une accentuation des différences de traitement des patients. March 31 qui a peur de l'homme noir?Tout près de chez nous, dans la Greifenhagenerstrasse rue qui croise la nôtre, au numéro 32 se trouve un petit cinéma de quartier qui fait penser aux cinémas de la rue Champollion à Paris avant qu’ils y aient été rénovés. Jusqu’à présent je ne l’avais pas repéré. C’est une affiche au vidéoclub annonçant un mois du cinéma de la DDR qui me l’a fait découvrir. Dans la rue, c’est à peine si l’on remarque sur la façade peinte en rose de l’immeuble des années 1900 récemment rénové l’entrée un peu en retrait. Seule une petite enseigne lumineuse au dessus d’une grande porte vitrée annonce Kino Krokodil. Dans le petit hall, un vieux comptoir de bistrot, au plafond un crocodile peint en noir est suspendu. A l’occasion de la programmation du film « qui a peur de l’homme noir ?», documentaire sur une entreprise de distribution de charbon à Prenzlauerberg en 1989, un petit engin de transport du charbon pour la livraison au look antédiluvien, occupe la moitié de l’espace et sur les murs, sur des sacs de jute utilisés à cette époque pour transporter le charbon quelques photosen noir et blanc tirées du film sont exposées. A l'entrée, à gauche un peu surélevée la cabine de projection. La salle elle-même en profondeur d’une contenance d’une centaine de places comporte une petite estrade au pied de laquelle un vieux piano. Aux premiers rangs, des fauteuils bas années 60 beigeasses pivotant sur un pied central métallique disposés approximativement en ligne, derrière des rangées de sièges solidaires en bois avec une assise rabattante, aux murs, quelques photos d’anciens cinémas du nord de Berlin et des appliques lumineuses de la même époque que les fauteuils. Bref une ambiance vieillotte, un peu patronage fort sympathique. On dirait en allemand "gemütlich". La salle Jean Vilar d’Arcueil bien que plus grande avait un peu la même allure dans les années 80. Je suis donc allée là 3 soirs de suite voir des documentaires de la DEFA (production de films de la DDR). Le public jeunes et moins jeunes était nombreux et très réactif. Le premier film en couleurs, Die Mauer,sur le mur et sa destruction progressive devant la porte de Brandebourg entre 1989 et 1990. Le second, titre de mon billet, donc sur un « bougnat » de la Gleimstrasse en 1989 avec une patronne très haute en couleur,en noir et blanc dans lequel on pouvait sans peine reconnaître les lieux proche de chez nous. Enfin une trilogie en noir et blanc sur une petite ville industrielle Zehdenick au nord de Berlin, dans laquelle se trouvait en particulier une grosse fabrique de briques (briques avec lesquelles avaient été construits les immeubles de la Karl Marx Allee à Berlin), au moment de la réunification, en 1989 avant la chute du mur, en 1990 au moment de la campagne des élections Est allemandes et enfin après la réunification en 1991 après la fermeture de pratiquement toutes usines que nous avions vu dans le premier volet de la trilogie. Les images en elles mêmes étaient très intéressantes. Dommage que ma compréhension de l’allemand soit si insuffisante et ne m’ait pas permis de comprendre les discussions de tous ces gens qui parlaient vite et avec un accent souvent très prononcé : témoignages sûrement passionnants de cette période. Le réalisateur Volker Koepp présent dans la salle a signé récemment un autre film Holunderblüte sur la région de Kaliningrad ex Prusse de l'Est. Gageons que cela doit être fort interessant.
Ce cinéma, pour ceux qui me lisent de Berlin est habituellement spécialisé dans la projection de films russes. Au mois d’Avril, rétrospective Tarkovsky SurrogateCitiesC’est le nom d’un concert ou plutôt d’un spectacle d’Heiner Goebbels. Nous avions déjà vu au théâtre des Amandiers « ou bien le débarquement désastreux » en 1993 et « Max Black » en 1998 qui nous avaient enchantés. Et nous ne voulions pour rien au monde manquer ce spectacle à Berlin. Donné à Berlin les 2 et 3 février, il avait toutes les raisons d’être exceptionnel : - Joué par le Philharmonik de Berlin sous la direction de Simon Rattle, - dans le cadre d’un projet éducatif associant au spectacle des enfants et des jeunes de quartiers défavorisés de Berlin, - dans l’Arena, une salle aménagée dans d’anciens entrepôts industriels, architecture de briques accueillant habituellement plutôt de la musique rock, pop. Les spectacles de Heiner Goebbels sont des spectacles complets : collages de musiques et de textes assortis d’une mise en scène. Surrogate Cities ne faisait pas exception : pièce pour grand orchestre voix parlée, mezzo-soprano et synthétiseur d’après des textes de Paul Auster, Franz Kafka, Heiner Müller et Hugo Hamilton, elle doit son titre à un roman d’Hugo Hamilton dont le titre « Surrogate cities » a été dans la traduction française transformé en « Berlin sous la Baltique ». C’est un très bon roman que nous avions lu avant de venir à Berlin. Avant la représentation, nous avons pu assister à une introduction au spectacle destinée au WIKO par Heiner Goebbels lui-même, fellow cette année. Le personnage est sympathique, simple, direct et parle un anglais compréhensible. Il se définit comme un citadin. Il ne peut pas dormir à la campagne, c’est trop calme, dit-il. Cette pièce de musique a pour thème la ville, mosaïque de bruits et de gens et d’événements que l’on ne peut pas appréhender d’un seul tenant. Le spectacle répondait à cette définition de la grande ville. Nous étions dans les premiers rangs des gradins disposés en rond autour de la scène, à l’arrière de l’orchestre qui se trouvait au milieu, symbole sonore et physique (avec ses multiples instruments) de la ville et tout autour, se déroulait le spectacle sans lien très précis avec la musique : alternativement des jeunes enfants construisaient à même le sol des sortes de villes miniatures avec des emballages avec des emballages avec des emballages avec des emballages divers, des jeunes pratiquant des arts martiaux ou des seniors de la danse de salon. Dans tout ce foisonnement de mouvement, difficile de s’attacher à quelque chose et j’avoue, après ne plus me souvenir de quoi la musique était faite. En tout cas, si l’occasion s’en présente, n’hésitez pas à aller voir un spectacle d’Heiner Goebbels, à défaut de vous plaire, cela vous étonnera sûrement. March 28 de retour après une longue absenceoici bientôt 2 mois que j'ai mis en ligne mon dernier billet. Que le temps passe vite. Mais j'avais quitté le navire Berlin et je n'ai pas chomé. Je suis partie 3 semaines dans le sud marocain faire un stage chez un potier berbère : changement complet d'univers. Puis avec un très court intermède à Berlin 15 jours en France à courir pour voir quelques amis à Paris puis dans le Poitou par un temps de chien, juste le temps de tailler la vigne, les arbres fruitiers, de voir le nouveau musée de la roche aux sorciers a Angles ( c'est une reproduction d'un fresque sculptée paleolytique qui s'ouvre dans la commune. c'est passionnant et émouvant. pour tous publics), et de me coincer le dos. C'est ce qui s'appelle faire du nomadisme.Cela ne me convient pas trop. j'ai besoin d'être plus sédentaire.
Me voilà de nouveau à Berlin où 2 jours de giboulées de neige m'ont replongé dans l'hiver puis 2 belles journées ensoleillées me font apprécier la luminosité de notre appartement perché en haut de ses 4 étages.
Si vous avez la nostalgie des découvertes berlinoises, pendant mon absence, 2 bloggeurs ont fait le travail à ma place et de belle manière sur des sujets que je me serai bien vue traiter : c'est berlin.equipier.com avec en particulier un billet sur Pâques au balcon et un autre sur les Schwalbe, et mariuccia.blogspot.com qui continue de distiller sa petite musique de Berlin.
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