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June 23 quelques motsQuelque part le charme est rompu et je peine à retrouver de l’inspiration et le goût d’écrire sur nos plaisirs et intérêts berlinois. Il faut dire aussi que ces derniers temps, nous avons eu quelques visites, que j’ai recommencé des cours de conversation allemande, que j’ai repris plus assidûment la poterie ce qui me laisse moins de temps à passer devant mon écran de micro. J'avais même presque oublié comment me connecter à mon blog!! Pourtant les sujets ne manquent pas. Comme ce moment paisible au bord du lac de Grunewald, lac dans lequel les chiens de ce quartier rupin où ils remplacent les enfants, par dizaines viennent se baigner. Bien que cela n’en fasse pas un lieu privilégié pour la baignade des humains, 2 irréductibles naturistes se sont baignés sous nos yeux. Dans un coin de la « plage », une femme mûre au corps un peu fatigué, assise sur un tronc d’arbre,nue lisait tranquillement son journal, quand un homme plutôt âgé accoutré d’une veste fluo est venu se déshabiller complètement et sans chichi selon un rituel semblait-il bien établi et très méticuleux pour ne pas ensabler ses vêtements, a fait un court plongeon dans l’eau. Il s’est ensuite rhabillé, trempant tour à tour chaque pied dans l’eau et clopinant pour aller se sécher et enfiler chaussettes short et chaussures sans risquer que quelques grains de sable viennent perturber son confort. Il est reparti ensuite comme il était venu. A coté, une troupe de 4 ou 5 chiens creusait un grand trou dans le sable à la recherche d’une balle chassée par leur maître ; Comme aussi les concerts au Clärchensballhaus. Mais j’essaierai d’écrire un autre billet sur le sujet. May 10 en vrac, quelques clins d'oeil du printempsDans la cour de l’atelier, branle-bas de combat dans le monde des oiseaux. Une corneille mantelée vient de dérober un petit sansonnet dans un nid. Elle vole de branche en branche son butin dans le bec. Une volée de sansonnets piaillant tente par des vols d’avions de chasse de l’intimider et de lui faire lâcher prise. Peine perdue. La corneille s’éloigne et peu à peu le calme revient dans le grand sycomore. L’après midi , c’est au tour du merle qui doit avoir son nid dans quelque buisson, de pousser son lancinant cri d’alerte des heures durant pour chercher sans doute à éloigner le chat tigré de notre cour. Pendant ce temps d’autres oiseaux plus chanceux lancent toujours leurs trilles amoureuses. Depuis que le beau temps est revenu, la végétation a explosée d’un coup et les arbres omni présents à Berlin se sont parés de toutes les teintes de vert. Dans notre rue, c’est l’occasion pour certains de prendre possession des pieds des arbres pour faire de petites plates bandes qu’ils entretiennent avec amour. Dans le même temps tous les balcons progressivement se fleurissent. Et nous participons du mouvement. Nous avons même planté un fraisier. L’autre jour, en sortant de l’immeuble, passe dans la rue une superbe 2cv rouge d’où émerge du toit ouvrant un petit arbre agitant ses quelques feuilles dans le soleil. De quoi vous mettre de bonne humeur pour la journée. Dans le parc de Britz dans le sud de Berlin, c’est l’époque des tulipes. Des rangées de tulipes aux teintes variant du blanc au violet presque noir en passant par toutes les nuances de jaune, orange et rouge forme un parterre éclatant ombragée çaet là par quelques pommiers, poiriers et cerisiers en fleurs.. Mais ce sont les prairies dans lesquelles les tulipes se marient aux pâquerettes et aux scilles qui sont les plus belles. Autour de ce parc, les colonies de jardins s’étendent presque à perte de vue exhalant leurs parfums de lilas, de berbéris, d’aubépine et bien d’autres arbres et buissons en fleurs dans une dominante de blanc et de rose. Sur un autre registre, devant le cinéma Babylone, cinéma « d’art et d’essai », une vielle voiture renversée sur laquelle est plantée un drapeau rouge. Sur son châssis, est tagé en allemand la célèbre phrase : « sous les pavés la plage », à l’affiche du cinéma : « Paris Mai 1968 ». Le premier mai n’était pas seulement la fête du travail et l’ascension c’était aussi la fête des hommes (ou des pères ?) et à la pentecôte c’est ici la fête des mères. Ce fut l’occasion de voir un curieux stand de cadeaux à l’entrée de la galerie marchande de notre quartier : Tout un assortiment de chocolats à connotation sexuelle comme des pénis ou des paires de seins. Je n’ai pas trouvé cela de très bon goût. En tout cas, curieux pour la fête de mères. Peut-être n’étais-je pas la seule. Le stand n’a pas fait très long feu. Quand j’ai voulu le montrer à Robert,il avait déjà disparu. May 05 Venise en AvrilMon nomadisme ne s’est pas arrêté si vite. Car bien que clopinante mi avril, j’ai fait une petite escapade à Venise. Le beau temps n’était pas vraiment au rendez vous. Mais quoi de plus romantique de se balader sur les pavés luisants des ruelles sous un grand parapluie rouge prêté par l’hôtel et découvrir dans les quartiers un peu excentrés de Venise églises, palais, canaux, ateliers et regarder la vie de tous les jours, femmes avec leurs poussettes pour bébés pour les plus jeunes ou à marché pour les plus âgées grimpant les ponts marche à marche, barques à moteurs multicolores transportant toutes sortes de marchandises. Cette ville malgré la multitude de touristes reste toujours magique. Mais pour qui reste à Berlin, Les bords de la Spree ou les canaux ne sont pas mal non plus. Il parait qu'il y a au moins autant de ponts à Berlin qu'à Venise. Et ma bloggeuse berlinoise préférée a publiée une photo des bords de la Spree qui évoque tout à fait une vue des quais de la Guidecca. je suis bien d'accord avec elle..
May 02 voyage au pays de la médecine allemandePlus d’un mois déjà que je n’ai pas écrit. Il faut dire que c’est pas très commode quand on a sa première sciatique et que la position la plus désagréable voire la plus douloureuse est de rester assise. Ceci étant, ce fut l’occasion d’une première expérience de la médecine allemande. D’abord j’arrive toute à ma douleur mais la bouche en cœur chez un orthopédiste chez lequel une amie avait pris rendez vous pour moi et celle-ci refuse tout de go ma carte européenne de santé (qui est censée vous assurer le tiers payant des frais médicaux) et me demande de payer « privat » la modique somme de 137 Euros après m’avoir fait faire une radio et avoir pratiqué quelques manipulations, en tout peut-être 2 fois 5 minutes de consultation avant et après la radio. Par chance, elle parlait un peu français. J’étais plutôt contente et avait trouvé cela peut-être un peu expéditif mais efficace. Un peu cher mais un spécialiste plus une radio, je ne sais pas si cela aurait coûté moins cher en France. Et je repars avec une ordonnance de 10 séances de kiné et un rendez vous 3 ou 4 jours après pour voir si la douleur avait un peu cédé suite à la manipulation et envisager peut-être une IRM. 2 jours plus tard, je vais au cabinet de kiné qu’elle m’avait indiqué et là même topo, ils ne veulent pas prendre la carte européenne et me disent qu’il faudra payer 105 euros par séance d’environ une heure combinant thérapie manuelle, gymnastique massage et application de chaleur. Là, j’avoue qu’une mouche m’avait piqué et sortie de cette première séance pour laquelle je ne m’étais faire que la moitié des soins car je n’avait pas assez de liquide pour payer immédiatement, je me renseigne plus avant sur mes droits et on me dit que normalement, sauf si le médecin précise qu’il ne prend que des clients privés (ce qui n‘était pas le cas), il doit accepter ma carte, que je dois choisir une caisse de sécurité sociale allemande publique ( on me dit laquelle est avantageuse parce qu’il y en a de nombreuses et elles n’offrent toutes les mêmes services). Le médecin n’a alors que 2 formulaires à remplir et doit me faire payer 10 euros pour le quadrimestre ; cette somme est une franchise à acquitter pour cette période et consultations ultérieures et soins prescrits sont alors gratuits pour le patient pendant ces 4 mois. Les professionnels de santé sont payés directement par la caisse : le tiers payant quoi ! Quand je suis retournée voir le médecin, elle a fait celle qui ne savait pas, elle m’a envoyée à la caisse qui m’a renvoyé chez elle. Tout cela en traînant ma patte ; Ceci étant, excellente thérapie qui m’a montré que je n’avais pas plus mal en marchant qu’en restant couchée. Elle a finalement obtempéré de fort mauvaise humeur et m’a dit que je n’aurai pas eu un premier rendez vous si vite si j’avais été une cliente « publique ». Et je suis ressortie avec une prescription d’IRM et une nouvelle prescription de kiné mais cette fois ci seulement 6 séances de gymnastique rééducative (de 10 minutes, m’a-t-elle précisé) ; en « public » elle ne pouvait pas me donner plus. J’ai obtenu un rendez vous pour l’IRM dans la semaine ce qui est tout de même court. Du coup, je suis allée chez le kiné en bas de chez moi (à l’est) où 2 kiné peut-être pas complètement up to date mais très chaleureuses me font les séances prescrites une bonne demi heure de gym, avec les premières fois quand la douleur était encore trop tenace une application de chaleur pendant une demi heure. Vous direz peut-être que je suis mal tombée. Eh bien non. Toutes les personnes à qui j’en ai parlé depuis, m’ont confirmé que la médecine allemande était devenue bien plus qu’en France une médecine à 2 vitesses : des soins rapides et de qualité pour ceux qui peuvent payer et des délais et des soins moins importants pour ceux qui sont dans le système public. (consultations plus courtes par exemple, moins de kiné etc…). On m’a même raconté que certains médecins fermaient leur cabinet en fin de mois quelques jours car ayant atteint leur quota de consultations, ils n’étaient plus payés. Ceci explique peut-être pourquoi le cabinet d’ORL en bas de notre immeuble affiche régulièrement que le médecin est en vacances alors que quand il est là c’est toujours bondé. J’avoue n’avoir pas encore tout compris mais cette première expérience n’est pas très positive. Et il existe en ce moment un grand débat en Allemagne sur le système de santé car les mesures d’économies proposées vont dans le sens d’une accentuation des différences de traitement des patients. March 31 qui a peur de l'homme noir?Tout près de chez nous, dans la Greifenhagenerstrasse rue qui croise la nôtre, au numéro 32 se trouve un petit cinéma de quartier qui fait penser aux cinémas de la rue Champollion à Paris avant qu’ils y aient été rénovés. Jusqu’à présent je ne l’avais pas repéré. C’est une affiche au vidéoclub annonçant un mois du cinéma de la DDR qui me l’a fait découvrir. Dans la rue, c’est à peine si l’on remarque sur la façade peinte en rose de l’immeuble des années 1900 récemment rénové l’entrée un peu en retrait. Seule une petite enseigne lumineuse au dessus d’une grande porte vitrée annonce Kino Krokodil. Dans le petit hall, un vieux comptoir de bistrot, au plafond un crocodile peint en noir est suspendu. A l’occasion de la programmation du film « qui a peur de l’homme noir ?», documentaire sur une entreprise de distribution de charbon à Prenzlauerberg en 1989, un petit engin de transport du charbon pour la livraison au look antédiluvien, occupe la moitié de l’espace et sur les murs, sur des sacs de jute utilisés à cette époque pour transporter le charbon quelques photosen noir et blanc tirées du film sont exposées. A l'entrée, à gauche un peu surélevée la cabine de projection. La salle elle-même en profondeur d’une contenance d’une centaine de places comporte une petite estrade au pied de laquelle un vieux piano. Aux premiers rangs, des fauteuils bas années 60 beigeasses pivotant sur un pied central métallique disposés approximativement en ligne, derrière des rangées de sièges solidaires en bois avec une assise rabattante, aux murs, quelques photos d’anciens cinémas du nord de Berlin et des appliques lumineuses de la même époque que les fauteuils. Bref une ambiance vieillotte, un peu patronage fort sympathique. On dirait en allemand "gemütlich". La salle Jean Vilar d’Arcueil bien que plus grande avait un peu la même allure dans les années 80. Je suis donc allée là 3 soirs de suite voir des documentaires de la DEFA (production de films de la DDR). Le public jeunes et moins jeunes était nombreux et très réactif. Le premier film en couleurs, Die Mauer,sur le mur et sa destruction progressive devant la porte de Brandebourg entre 1989 et 1990. Le second, titre de mon billet, donc sur un « bougnat » de la Gleimstrasse en 1989 avec une patronne très haute en couleur,en noir et blanc dans lequel on pouvait sans peine reconnaître les lieux proche de chez nous. Enfin une trilogie en noir et blanc sur une petite ville industrielle Zehdenick au nord de Berlin, dans laquelle se trouvait en particulier une grosse fabrique de briques (briques avec lesquelles avaient été construits les immeubles de la Karl Marx Allee à Berlin), au moment de la réunification, en 1989 avant la chute du mur, en 1990 au moment de la campagne des élections Est allemandes et enfin après la réunification en 1991 après la fermeture de pratiquement toutes usines que nous avions vu dans le premier volet de la trilogie. Les images en elles mêmes étaient très intéressantes. Dommage que ma compréhension de l’allemand soit si insuffisante et ne m’ait pas permis de comprendre les discussions de tous ces gens qui parlaient vite et avec un accent souvent très prononcé : témoignages sûrement passionnants de cette période. Le réalisateur Volker Koepp présent dans la salle a signé récemment un autre film Holunderblüte sur la région de Kaliningrad ex Prusse de l'Est. Gageons que cela doit être fort interessant.
Ce cinéma, pour ceux qui me lisent de Berlin est habituellement spécialisé dans la projection de films russes. Au mois d’Avril, rétrospective Tarkovsky SurrogateCitiesC’est le nom d’un concert ou plutôt d’un spectacle d’Heiner Goebbels. Nous avions déjà vu au théâtre des Amandiers « ou bien le débarquement désastreux » en 1993 et « Max Black » en 1998 qui nous avaient enchantés. Et nous ne voulions pour rien au monde manquer ce spectacle à Berlin. Donné à Berlin les 2 et 3 février, il avait toutes les raisons d’être exceptionnel : - Joué par le Philharmonik de Berlin sous la direction de Simon Rattle, - dans le cadre d’un projet éducatif associant au spectacle des enfants et des jeunes de quartiers défavorisés de Berlin, - dans l’Arena, une salle aménagée dans d’anciens entrepôts industriels, architecture de briques accueillant habituellement plutôt de la musique rock, pop. Les spectacles de Heiner Goebbels sont des spectacles complets : collages de musiques et de textes assortis d’une mise en scène. Surrogate Cities ne faisait pas exception : pièce pour grand orchestre voix parlée, mezzo-soprano et synthétiseur d’après des textes de Paul Auster, Franz Kafka, Heiner Müller et Hugo Hamilton, elle doit son titre à un roman d’Hugo Hamilton dont le titre « Surrogate cities » a été dans la traduction française transformé en « Berlin sous la Baltique ». C’est un très bon roman que nous avions lu avant de venir à Berlin. Avant la représentation, nous avons pu assister à une introduction au spectacle destinée au WIKO par Heiner Goebbels lui-même, fellow cette année. Le personnage est sympathique, simple, direct et parle un anglais compréhensible. Il se définit comme un citadin. Il ne peut pas dormir à la campagne, c’est trop calme, dit-il. Cette pièce de musique a pour thème la ville, mosaïque de bruits et de gens et d’événements que l’on ne peut pas appréhender d’un seul tenant. Le spectacle répondait à cette définition de la grande ville. Nous étions dans les premiers rangs des gradins disposés en rond autour de la scène, à l’arrière de l’orchestre qui se trouvait au milieu, symbole sonore et physique (avec ses multiples instruments) de la ville et tout autour, se déroulait le spectacle sans lien très précis avec la musique : alternativement des jeunes enfants construisaient à même le sol des sortes de villes miniatures avec des emballages avec des emballages avec des emballages avec des emballages divers, des jeunes pratiquant des arts martiaux ou des seniors de la danse de salon. Dans tout ce foisonnement de mouvement, difficile de s’attacher à quelque chose et j’avoue, après ne plus me souvenir de quoi la musique était faite. En tout cas, si l’occasion s’en présente, n’hésitez pas à aller voir un spectacle d’Heiner Goebbels, à défaut de vous plaire, cela vous étonnera sûrement. March 28 de retour après une longue absenceoici bientôt 2 mois que j'ai mis en ligne mon dernier billet. Que le temps passe vite. Mais j'avais quitté le navire Berlin et je n'ai pas chomé. Je suis partie 3 semaines dans le sud marocain faire un stage chez un potier berbère : changement complet d'univers. Puis avec un très court intermède à Berlin 15 jours en France à courir pour voir quelques amis à Paris puis dans le Poitou par un temps de chien, juste le temps de tailler la vigne, les arbres fruitiers, de voir le nouveau musée de la roche aux sorciers a Angles ( c'est une reproduction d'un fresque sculptée paleolytique qui s'ouvre dans la commune. c'est passionnant et émouvant. pour tous publics), et de me coincer le dos. C'est ce qui s'appelle faire du nomadisme.Cela ne me convient pas trop. j'ai besoin d'être plus sédentaire.
Me voilà de nouveau à Berlin où 2 jours de giboulées de neige m'ont replongé dans l'hiver puis 2 belles journées ensoleillées me font apprécier la luminosité de notre appartement perché en haut de ses 4 étages.
Si vous avez la nostalgie des découvertes berlinoises, pendant mon absence, 2 bloggeurs ont fait le travail à ma place et de belle manière sur des sujets que je me serai bien vue traiter : c'est berlin.equipier.com avec en particulier un billet sur Pâques au balcon et un autre sur les Schwalbe, et mariuccia.blogspot.com qui continue de distiller sa petite musique de Berlin.
February 04 mardi 29 Janvier 16H30Le ciel est gris et bas comme presque chaque jour depuis plus d’une semaine. schrecklich, furchtbar dirait-on en allemand. Voilà déjà 2 week-ends à ne pas mettre le nez dehors tant il pleut. Seules quelques expositions (un photographe Heinz Hajek-Halke et un architecte Poelzig tous les 2 du début du XXème siècle) et la longue nuit des musées ont réussi à nous faire sortir de notre antre. Un rayon de soleil vendredi dernier nous a permisune petite échappée en vélo. Je m’envole vers Paris. C’est toujours une surprise quand on émerge au-dessus de la mer de nuages. Aujourd’hui, on dirait un très large fleuve charriant d’énormes glaçons lors de la débâcle. La fois précédente, c’était plutôt une immense plaine enneigée à perte de vue. En nous élevant, la lumière se fait plus vive. Là juste à coté de l’autre coté du hublot la tête du réacteur orange scintille dans le soleil couchant. Je me plonge dans un livre de nouvelles en allemand de Peter Stamm : histoires minimalistes, phrases courtes. Avec des petits riens, de manière très elliptique, tout est dit. C’est fou ce qu’on remarque plus le style quand on a quelque difficulté avec une langue. De temps en temps, je décolle de ma lecture pour retrouver mon réacteur et voir le jour qui décline : un superbe coucher de soleil où les roses, les orangers laissent peu à peu la place à toutes les nuances de gris roses, jaunes, verts, bleus et violets.Nous plongeons dans la nuit. Mon réacteur orange maintenant éclairé par un feu de position ronronne tranquillement dans l’espace presque immobile, rassurant. Nous entamons notre descente vers Paris. Parenthèse magique entre 2 univers. January 26 Das Rauchverbot ist daL’interdiction de fumer dans les lieux publics a été instaurée en Allemagne depuis le 1er Janvier. Ici, à Berlin pas de transition. Avant tout était permis. Dans le métro, on pouvait être verbalisé si on jetait son mégot sur le quai ! Pas de coin non fumeur dans les restaurants et les bars. Pas de gens en bas des immeubles de bureaux en train de fumer leur clope. C’est dire si le changement est important. C’est sans doute l’institution que sont les Kneipe qui sera la plus touchée. Les journaux de quartier et Zitty se font l’écho des inquiétudes des tenanciers. Qui n’a pas été à Berlin dans quelques de ces bars où il fait si bon se rencontrer, avec leur mobilier de bric et de broc, souvent vieux fauteuils et sofas et leur atmosphère conviviale, « gemütlich » comme on dit ici. C’est comme un deuxième chez soi . Dans notre quartier dont la population est très jeune, il en y a beaucoup, ils font souvent aussi un peu de restauration. Dès le premier rayon de soleil, on sort dehors des tables et des bancs pliants rudimentaires. Il y en a un qui fait lavomatic à l’arrière. Certains n’ouvrent que le soir ; c’est le cas d’un bar lieu de rencontre des français. Mais jusqu’à présent ces bars étaient tous terriblement enfumés. Quoi de mieux que de venir fumer une petite clope entre amis et se retrouver autour d’une Stammtisch. Enfin il y a pour l’instant quelques aménagements avec le ciel ; jusqu’en juin des contrôles, des plaintes mais pas de verbalisation. On compte sur la discipline allemande. Et puis c’est l’administration de la ville qui est chargée des contrôles et ils ne travaillent pas après 22 heures. Ainsi les fumeurs ont peut-être encore de beaux jours devant eux dans les bars. Une tenancière de bar a cependant déjà transformé son bar en un club pour fumeur pour essayer de contourner la loi. Autre mesure d’environnement, j’ai du aller acheter une vignette environnement pour la voiture. Obligatoire pour toutes les voitures à partie de fin Janvier à Berlin, elle est de couleur différente suivant le modèle de la voiture (c’est à dire le degré d’émission de particules fines). Le prix est le même quelque soit la couleur mais à terme seules les voitures ayant une vignette verte auront le droit de circuler et de stationner au centre de la ville. Si je n’avais pas lu un article dans Le Monde sur le sujet, je crois que je serais passée à côté de la mesure pour laquelle je n’avais remarqué aucune publicité. January 20 cimetières de BerlinJe ne sais pas si j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer dans un billet les cimetières de Berlin. Ils sont très nombreux et sont des oasis de verdure. Ils sont la plupart du temps très arborés et même si quelques familles y ont fait construire des grands caveaux comme on peut en voir au père Lachaise à Paris, ici pas ou peu de pierres tombales en pierre ou en marbre froides et minérales, mais plutôt de petites stèles devant lesquelles sont plantés de petits massifs de fleurs ou de buissons. Il en ressort une atmosphère paisible et sereine où il fait bon se promener. Alors prend tout son sens l’inscription omniprésente sur les tombes « repose en paix». Il en est de relativement petits dans le centre de Berlin. C’est le cas par exemple du Dorotheenstädtischen und Friedrichswerderschen Gemeinde. Dans ce cimetière datant du 18ème siècle reposent des personnages célèbres du monde intellectuel et culturel : entre autres, le philosophe Hegel, l’architecte Schinkel, Bertold Brecht et sa femme Hélène Weigel, Hans Eisler, John Heartfield illustrateur, Anna Seghers. .Le cimetière huguenot juste à coté ressemble plus à un traditionnel cimetière français. Autre petit cimetière méconnu ou peut-être doit-on plutôt parler de mémorial est celui des combattants de la révolution de 1848. Evoqué par Emmanuel Terray dans son livre « ombres berlinoises », nous voulions le connaître et avons eu beaucoup de mal à le trouver : Petit carré au fonds du parc de Friedrichshain sur lequel veille à l’entrée la statue d’un fusilier marin ; au milieu une stèle à la mémoire des combattants et tout autour de petites stèles noyées dans la végétation de la haie qui le ceint, où sont gravés le nom, l’âge et la profession d’un certain nombre d’entre eux : différents corps de métiers cordonniers, boulangers …, maîtres et apprentis, jeunes et moins jeunes. Très émouvant. Nous sommes aussi allés visiter l’hiver dernier l’immense cimetière de Friedrichsfelde dans la partie nord-est de Berlin. A son entrée se trouve un mémorial de la révolution spartarkiste de 1918 à la mémoire en particulier de Karl Liebnecht et Rosa Luxembourg mais aussi de tous les leaders politiques de la gauche communiste jusqu’aux dirigeants de la DDR, vaste place circulaire solennelle et froide contrastant avec le parc du cimetière par derrière. Concernant Karl Liebnecht, la stèle au bord d’un lac du Tiergarten où il a été assassiné est un lieu de mémoire plus poignant. Seuls figurent dans les guides, le cimetières où sont enterrées des personnes célèbres. Mais, au détour de nos promenades à vélo, nous n’hésitons pas à visiter ceux que nous trouvons sur notre passage. Ainsi un cimetière de Prenzlauer Berg, à moitié à l'abandon. Le pasteur de la paroisse veut en vendre un morceau à des promoteurs immobiliers et la population alentour se mobilise avec des banderoles au balcon pour préserver ce coin de verdure. Il faut faire une place un peu à part pour les cimetières juifs de Berlin. Le plus ancien en plein centre du quartier des granges a été complètement détruit par les nazis. C'est maintenant un espace vide entre les immeubles où seul reste la stèle de Moses Mendelssohn, un philosophe juif du 18ème siècle. A l’entrée de cet espace, des panneaux en allemand et en hebreu retracant l’histoire du lieu et une sculpture de Will Lammert d’un groupe d’hommes, femmes et enfants évoquant la déportation frappe par la dignité de leurs frêles silhouettes. Dimanche dernier, par une très belle journée d’hiver froide et ensoleillée, nous sommes allés dans le cimetière juif de Weissensee. Installé au milieu du 19 siècle sur 40 hectares par la paroisse juive de Berlin à cause de l’engorgement des cimetières du centre de Berlin. Il témoigne de l’importance de la communauté juive de Berlin au début du vingtième siècle. Ce cimetière qui n’a pas été détruit pendant la guerre est le plus grand cimetière juif de toute l’Europe. A l’entrée, un funérarium en briques jaunes de l’époque de l’ouverture puis derrière des champs de stèles quadrillés par d’étroites allées. Ce qui frappe, c’est cette forêt de stèles couvertes de lierre, alignées en rangs serrés sous les arbres dont les troncs rythment ces alignements. On dit qu’il y en a plus de 115 000. Cela n’est pas sans faire penser au mémorial de l’holocauste érigé près de la porte de Brandebourg. Quand on s’attarde ensuite sur les inscriptions en Allemand et en Hébreu, outre les noms de famille pour une grande part associés, comme on s’y attend, à une origine juive mais pas tous, on est frappé par les dates des morts dans leur très grande majorité antérieures à 1945. Seules ça et là quelques tombes de personnes décédées plus récemment. On les repère par le fait que, conformément au rituel juif, quelques cailloux ou petites pierres sont posées sur le dessus des stèles. Et comme le dit si justement Daniel Mendelssohn dans son livre « les disparus » que je suis en train de lire : « J’avais passé pas mal de temps dans les cimetières , mais il ne m’était pourtant jamais venu à l’esprit que les cimetières, eux aussi, pouvaient être vidés de leurs vies. ». Seul un quartier récent de la communauté juive d’origine russe récemment immigrée à Berlin était « vivant ». A noter aussi un quartier pour les combattants morts à la guerre de 14-18, témoignant de la participation de la communauté à la vie de la société allemande. Par ce matin froid, néanmoins quelques personnes se promènent ou viennent se recueillir sur les tombes. Ce très vaste poumon vert est aussi le refuge des oiseaux ; nous avons pu observer le manège de plusieurs pics verts et croisé un ornithologue avec son attirail d’observation. Retour aux guides, nous apprendrons par un vieux guide est allemand le nom de quelques résistants antifascistes et par un guide ouest allemand, celui des grands bourgeois juifs commerçants enterrés là. A chacun ses références !! salaire minimumIl nous est un peu difficile de suivre l’actualité économique et social allemand dans la presse allemande du fait de nos lacunes en allemand et cela nous arrive à nous prendre un temps fou. Alors « le petit journal », journal électronique des français à l’étranger qui a sa page berlinoise est pour moi une source régulière d’information (www.lepetitjournal.com/berlin.htlm). Le magazine mensuel « Deutsch Perfekt » qui est un des outils de mon apprentissage de l’allemand me donne des éléments complémentaires car il aborde beaucoup de faits de société. (On doit sans doute pouvoir le trouver dans les kiosques français. C’est sûrement une très bonne source d’apprentissage pour des adolescents qui apprennent l’Allemand) Et je peux confronter ces éléments à mon expérience quotidienne. Un des sujets de débat importants qui divise la classe politique allemande en ce moment est le sujet du salaire minimum. Voici un extrait du petit journal : "Social - Le salaire minimum, une question explosive.- Mes commentaires A l’occasion de l’ouverture à la concurrence de la Poste en Allemagne, effective depuis le 1er janvier 08 y compris pour les lettres ordinaires, une loi a été voté sous la pression de la Deutsch Post pour fixer un salaire minimum pour les postiers à 14 euros de l’heure pour éviter le dumping social entre les sociétés. Et si on ne voit pas encore de boites aux lettres aux différentes couleurs des sociétés de poste, par contre on voit des postiers des différentes sociétés faire leur distribution de courrier, reconnaissables par leurs uniformes de couleurs différentes. A Berlin, la vie est sans doute si peu cher grâce à des salaires très bas dans les services. Sinon comment pourrait-on payer un shampoing coupe dame pour 10 euros et manger au restaurant pour moins de 10 euros ? A mon cours d’Allemand, mes jeunes camarades me signalaient qu’il était possible de trouver des emplois dans des bars à Berlin pour 2 euros de l’heure. Le principe est que les gens sont à « Hartz 4 » comme ils disent, c'est-à-dire qu’ils touchent l’aide sociale et que leur emploi ne leur assure qu’un complément de ressources. C’est ce qu’on appelle les mini jobs. D’où une population pauvre importante et de plus en plus pauvre. Avant Noël, dans Zitty, un équivalent de Zurban à Paris, une série d’articles était consacrée au problème de l’argent qui signalait l’écart grandissant entre le Berlin de l’opulence cosmopolite et le Berlin de la débrouille. January 15 Après les FêtesVoilà déjà un mois depuis mon dernier billet. Le temps passe si vite. Pendant ce temps les fêtes se sont passées en France : période de vie sociale intense et chaleureuse avec famille et amis.Le retour à Berlin après cela fut un peu tristounet. Arrivée par temps gris neigeux et très froid, nuit tombant une heure, voire une heure et demi plus tôt qu’en France. Le samedi 5 janvier matin, une pluie fine alternant par moment avec de la neige avait transformé Berlin en une vaste patinoire.Mais nous n’avons pas faibli pour autant, nous sommes allés à la Berlinische Galerie voir une exposition dont c’était le dernier jour et qui venait compléter notre visite à Paris d’ « Allemagne, années noires » au musée Dina Vierny (cette dernière est à voir absolument, même si c’est vraiment noir ; quelle force d’expression, quel plaidoyer anti guerre !!!). L’exposition berlinoise était un ensemble de dessins et peintures de la collection permanente du musée et en particulier ceux des différents courants artistiques de la période de l’entre deux guerres dont Grosz, Kokoschka, Otto Dix, et bien d’autres mais aussi de l’après guerre: de très belles choses et surtout un panorama de la diversité de cette époque. Il y avait aussi une exposition d’art contemporain« Neue Heimat Berlin » d’artistes de différentes nationalités installés à Berlin : le thème de l’exposition était sur la notion de chez soi, patrie, pays avec des œuvres très étonnantes comme un énorme char d’assaut en toile qui se gonflait et dégonflait comme une respiration, le polyèdre de la gravure de Dürer « la mélancolie » reproduit sur plus de 2 mètres de haut à partir de pailles (vous savez celles qu’on utilise pour boire les sodas au café) en plastique multicolore, une sphère constitué des chaises en plastique noir qu’on trouve dans les salles de conférences, ou encore une espèce de yourte fabriquée avec des vêtements (teeshirts, pantalons de couleurs vives) assemblés avec des épingles à nourrice, une série de photos mettant en scène des œuvres d’art dans un appartement typiquement berlinois début du 20ème siècle, une sculpture monumentale résumant un appartement à l’ensemble de ses tuyauteries et bien d’autres choses originales... L’architecture intérieure du musée faite de grands volumes blancs permettait de bien mettre en valeur ces œuvres très hétérogènes. Nous avons été séduits –pour une fois, ce n’était pas uniformément glauque- mais faute de les avoir noté, nous n’avons pas retenu le nom des artistes. En sortant à 18 heures, nuit noire, froid pinçant, trottoirs scintillants de glace sous le faible éclairage des réverbères et concert de carillons des églises alentour sonnant l’heure, quelques rares piétons marchant très précautionneusement : petit instant magique Mais nous n’avions pas fini notre escapade, direction le Komische Oper pour aller voir et écouter « Lucullus » un opéra de Dessau sur un texte de Brecht à la mise en scène complètement débridée. C’est un conte philosophique sur le jugement d’un général romain à son arrivée au Ciel. Pour vous donner un exemple, à un certain moment, débarquait sur scène la famille Barbapapa. Nous n’avons été que moyennement convaincus. Nous avons en sortant acheté un brezel au fromage, une véritable tradition à la sortie de tous les spectacles à Berlin. Dimanche, un peu de neige et un tour au Brohan Museum où se finissait une exposition de bijoux de Lalique qui avait été précédemment à Paris au musée du Sénat, je crois : Une splendeur ces bijoux et les esquisses préparatoires, tout à la fois une reproduction très fidèle de la nature : fleurs, insectes, chauve souris entre autre et une inventivité et élégance dans leur stylisation et leur agencement.
December 18 Danse encore et toujoursNous sommes allés coup sur coup voir quelques spectacles de danse. Il faut dire que, avec les concerts, cela reste ce qui nous est le plus abordable. Les films en Allemand sont encore un exercice difficile et pas toujours couronné de succès. Il vaut mieux dans ce cas louer des DVD. Nous sommes, malgré tout, allés au cinéma voir Persépolis qui se donnait en version originale. Petit cinéma d’art et d’essai dirait-on en France, dans le quartier de Kreuzberg, que nous avons du mal à trouver tant son entrée était peu visible dans la rue. Ce dessin animé est vraiment très réussi, dessin très expressif, humour malgré la noirceur de la situation décrite. Un petit bijou. Mais revenons-en à la danse. Nous avons d’abord vu un spectacle de Jerome Robbins, le chorégraphe de West side story, au Staatoper. Spectacle léger et impeccable avec un premier morceau humoristique contant les frasques d’un coureur de jupons, sur un pot pourri de musique de Chopin, puis prélude à l’après midi d’un faune tout en retenue et finalement un morceau de Bernstein très comédie américaine. Danse moderne assez classique dont nous ne retiendrons peut-être pas grand-chose - Il a fallu que je me creuse la tête pour retrouver quelques images du spectacle – mais un vrai plaisir à regarder et à entendre car l’orchestre jouait dans la fosse.un bon moment. Puis ce fut une chorégraphie d’Ange Prejlocaj sur « les quatre saisons » de Vivaldi. Là après les spectacles très forts que nous avions vu de lui, ce nouveau spectacle était un peu décevant. Mais il y avait de très beaux tableaux : pas évident de faire une chorégraphie sur une telle musique. C’était dans une salle que nous ne connaissions pas encore à Berlin, le « Berliner Festspiel » qui programme souvent des spectacles de créateurs européens. Un peu le théatre de l’Odéon de Berlin.Salle moderne, sans doute des années soixante dix. Enfin, c’est au Tacheles que nous avons vu notre dernier spectacle. Cet ancien grand magasin Berlinois en ruine est devenu un lieu emblématique de la culture alternative de Berlin. On y trouve de multiples ateliers d’artistes, des cinémas, une salle de spectacle, des cafés …. L’intérieur du bâtiment est complètement trash, les murs de la cage d’escalier sont couverts d’une superposition inouïe de plusieurs couches de graffitis et d’affiches. Toute une ambiance. La salle de spectacle est réduite à sa plus simple expression : une grande salle de l’ex magasin aux murs délabrés gardant des traces de l’ancienne décoration de stuc – colonnes classiques- au plafond, poutrelles métalliques apparentes, une grande rosace métallique de l’époque glorieuse du bâtiment, quelques gradins en échafaudage, un plancher pour la scène. C’est ce lieu qu’avait choisi Régine Chopinot pour un spectacle, lui aussi ultra minimaliste, où elle évoluait quasiment dans le noir avec des mouvements d’une extrême lenteur sur la musique lancinante et répétitive d’un guitariste. Mince, souple, féline et très énigmatique. Le spectacle s’appelle « Garage ». Heureusement, nous étions un peu prévenus. Et nous avons finalement été charmés par cet anti spectacle. Dans la même semaine, hasard des programmations, nous sommes allés à la Philharmonie, écouter un concert de Kurt Weil, le lac d’argent. Musique à la rythmique et aux harmonies éminemment reconnaissables sur un conte philosophique de Gaspard Kaiser. Ce spectacle avait été créé dans le début des années trente et interdit par les nazis. Nous n’avions pas pris le temps avant de nous renseigner sur l’histoire. Nous ne l’avons fait qu’après. Et donc nous avons pas pu saisir le fil de l’histoire mais nous laissés porter par la musique. Ce spectacle en matinée le samedi était programmé pour les familles et des enfants de tous âges étaient là. Quelques pleurs de nourrissons ont agrémenté le spectacle. Mais le public était très tolérant. December 12 Avent, marchés de Noël et tutti quantiDepuis le changement d’horaire fin Octobre, nous sommes rentrés dans l’hiver d’un seul coup avec la nuit qui tombait dès 4 heures et demi et maintenant le jour s’assombrit dès 3 heures et demi. Même si le jour se lève plus tôt ici qu’en France ce n’était pas vraiment une consolation. Alors les préparatifs de Noël, les marchés de Noël et les illuminations des rues prennent une importance plus grande que chez nous. Comme à Paris, cette préparation a bien sûr un aspect commercial indéniable avec la foule qui se presse dans les magasins ouverts y compris le dimanche. Mais cette période garde, me semble-t-il une référence plus religieuse qu’en France. D’abord la référence à l’avent est omniprésente de la caissière du supermarché qui vous souhaite un bon dimanche d’avent, aux calendriers d’avent très populaires qui se vendent partout –il y avait même dans une exposition pour les enfants dans un musée public une vitrine aménagée en calendrier de l’avent dont une alvéole nouvelle devait être dévoilée chaque jour jusqu’à Noël. J’ai découvert aussi qu’un certain nombre de coupes d’Evelyn Klam comportaient 4 bougeoirs pour permettre d’allumer une nouvelle bougie chaque dimanche de l’Avent. De même sur la place de l’ex-palais de la République, est installée une foire de Noël avec les habituels grandes roues, manèges et autres « lessiveuses » scintillantes de lumière et bruissantes des cris de leurs passagers, mais aussi des stands traditionnels des marchés de Noël. Eh bien là, coincée entre la grande roue et un manège, on tombe tout d’un coup sur une grande crèche grandeur nature. C'est presqu'incongru. Bien sür vous connaissez les marchés de Noël. A Paris, la tradition allemande des marchés de Noël a un peu essaimé ; je me souviens de celui de la gare Montparnasse avec ses chalets en bois autour du centre commercial. Mais ici, cela prend une autre dimension ; il y en a partout, à Berlin, sans doute plusieurs dizaines. Ils ont 2 particularités : Les stands de décorations de Noël en bois:décorations du sapin mais aussi diffuseurs d’encens en forme de petits personnages des différents corps de métier (boulanger, ramoneurs, colporteurs, etc) en costumes traditionnels fumant la pipe, luminaires et bougeoirs. C’est féerique. Les stands où l’on peut boire et manger à tout moment. Le vin chaud coule à flots et l’apétit va bon train : bratwürst, soupes de pois ou de lentilles, pommes de terres sautées, gaufres, plats asiatiques, raclette etc…. Le soir et le week-end, ce sont des lieux où l’on vient d’abord se distraire avant d’acheter. Dimanche dernier, je suis allée y faire un tour. Et j’ai pris un véritable bain de foule malgré un petit crachin persistant. Ambiance familiale et chaleureuse. Mais au bout du troisième, c’est un peu toujours pareil. J’ai essayé quelques chapeaux assez sympa mais j’en avais déjà acheté un la semaine précédente. Je suis restée en arrêt longtemps devant un étal de brosses de toutes sortes et ai acheté une brosse à champignons. J’ai goûté un certain nombre de spécialités de Noël, en particulier des pains d’épices en enrobés de chocolat ou de sucre mais la forte odeur de cannelle et la crainte d’avoir des brûlures d’estomac m’ont dissuadé d’essayer le vin chaud. Autre caractéristique de la période, chaque église, chaque salle de concert organise son ou ses concerts de l’Avent avec évidemment des classiques de la musique religieuse comme par exemple les oratorios de Bach. Nous allons profiter encore quelques jours de cette ambiance berlinoise avant de nous envoler vers la France pour les fêtes. Je souhaite à tous mes lecteurs de bonnes fêtes de Noël et une bonne année 2008. November 12 sexe à BerlinDécidément, à Berlin et peut-être plus généralement en Allemagne, la relation de la société au sexe est différente de celle de la France du moins dans ce que nous en montre la rue. Je vous laisse juge. Exemple, un grand panneau publicitaire pour une foire au sexe au parc des expositions (équivalent de la porte de Versailles à Pars) intitulée « sex in the city » affiche une jeune femme blonde déshabillée, allongée à plat ventre en appui sur un coude de manière à cacher tous ces appâts, qui vous regarde sagement. Ou alors la publicité pour une maison close qui a défrayé la chronique de la presse française au moment de la coupe du monde de football, Artemis pour ne pas la nommer, qui s’étale toute de rose parée sur les autobus, ou enfin la campagne pour l’utilisation du préservatif qui décline différents légumes ou fruits encapuchonnés d’un condom de couleur vive avec des légendes qui se veulent des jeux de mots que je n’ai d’ailleurs pas tous compris : par exemple la pomme de terre, moyen de survie ou l’épi de maïs, s’éclater en sécurité. A Berlin, pas de quartier vraiment identifié comme « chaud » regroupant les boutiques érotiques mais des supermarchés du sexe LSD (sexe, love, dream) au coin de chez vous, présence de vidéos et DVD X dans tous les vidéos clubs. Ceci d’ailleurs choquait un peu nos amis américains, parents d’adolescents, il y a 2 ans. Cependant, il y a des rues connues pour la présence de prostituées dont une tout près de mon atelier. Et face à un projet de construire un bordel de 9 étages dans le quartier, les associations du quartier se mobilisent, ce type d’établissement attirant évidemment toute une population interlope et son lot de violence et d’insécurité.. October 20 dites le avec des fleursCe ne sont pas les fleuristes qui manquent à Berlin, des chaînes de magasins comme Blumen 2000 à la petite échoppe ou même le stand ambulant dans une station de métro. La profession est beaucoup tenue par des asiatiques. Mais depuis que je suis ici, je déplore la manière affreuse qu’ils ont d’emballer les fleurs, même lorsque vous leur précisez que c’est pour offrir. Ils peuvent vous faire un joli arrangement floral mais ensuite ils vous l’emballent dans un papier de mauvaise qualité souvent à motifs floraux genre papier peint de manière à faire complètement disparaître les fleurs ; Et vous vous retrouvez avec à la main une méchante poupée informe pas du tout présentable. Il faut vraiment aller chez un fleuriste très branché pour qu’il en soit autrement, mais je n’en ai jamais encore rencontré. Pourtant, cela doit bien exister ici ou là dans des coins chics. Car j’ai déjà vu dans la rue quelques personnes avec un bouquet « à la française » c'est-à-dire emballé dans un joli papier de soie et de cellophane avec un joli ruban de manière à mettre en valeur le bouquet. Récemment Elodie m’a offert un bouquin « Karambolage » où j’ai trouvé l’explication à cette manière de procéder. Quand on offre des fleurs en Allemagne, il faut donner l’impression naturelle du bouquet fraîchement cueilli dans votre jardin. Donc subrepticement il faut retirer le papier avant d’offrir le bouquet. Mais comme dit ce livre, personne n’explique comment se débarrasser à la dernière minute de ce papier volumineux et disgracieux. Heureusement que nous avons généralement apporté d’autres cadeaux lorsque nous avons été invités, sinon nous aurions fait une grosse faute de goût en offrant les fleurs dans leur emballage !! C’est l’occasion aussi d’exprimer mon admiration pour l’art d’arranger les fleurs d’Evelyn, ma collègue potière. Elle est une adepte de la cueillette des herbes folles de Berlin qui poussent partout dans les rues, les parcs, les terrains vagues. Et avec ces « mauvaises herbes », elle fait de petits bouquets qui donnent vie et grâce à ses poteries. C’est magique. bel automneDepuis une semaine, nous bénéficions d’un merveilleux temps d’automne ensoleillé et relativement froid avec des lumières magnifiques dues à des ciels bleus parsemés de nuages plus ou nomb |